Dîner avec le RN : les valeurs attendront…
La présidente du Rassemblement national a été l’invitée, mardi 7 avril au soir, du club Entreprise et Cité rassemblant patrons et divers acteurs économiques régionaux.
Le Nouvel Obs révèle qu’une quinzaine des plus grands patrons français — dont ceux de TotalEnergies, Accor, Renault Group, Bernard Arnault et donc Capgemini — ont dîné avec Marine Le Pen dans les salons du prestigieux restaurant Drouant à Paris.
S’ils étaient unanimement distants du parti d’extrême droite il y a quelques années encore, de plus en plus de chefs d’entreprise franchissent désormais la ligne et répondent aux sollicitations de leaders du RN, trop heureux de recevoir, à chacune de ces rencontres, une marque supplémentaire de respectabilité.
Si officiellement, ces rendez-vous ont pour objectif de “former” ce parti aux réalités économiques, il n’en reste pas moins que beaucoup de ces patrons le font avec le souci de limiter la casse, ou plus cyniquement pour quelques-uns de ménager leurs arrières pour préparer l’après 2027. Bref, on s’accommode, et on fait preuve d’indulgence.
La logique est lisible : le RN cherche auprès des milieux patronaux un vernis de crédibilité économique. Les milieux patronaux voient dans le RN une assurance-vie politique en cas de victoire. L’un consolide l’autre. Et l’autre légitime le premier.
Mais que vient faire Capgemini dans cette histoire ?
En participant et même en organisant de telles rencontres, les dirigeants de Capgemini légitiment, crédibilisent, normalisent un acteur politique dont on ne connait que trop bien les idées nauséabondes :
- Préférence nationale, faisant des salariés aux origines étrangères, des salariés avec des droits inférieurs,
- Discriminations des travailleuses et des travailleurs fondées sur le genre,
- Attaques répétées et décomplexées contre les droits des salariés et d’une façon plus générale contre le syndicalisme.
La CFDT combat jusque dans ses statuts les idées extrémistes et le programme de ce parti dont l’objectif n’est autre que de diviser les travailleurs.
Fidèle à cette ligne, la CFDT Capgemini ne peut pas rester silencieuse.
Derrière ces dîners feutrés et ces échanges techniques, il y a une réalité politique brutale : banaliser c’est déjà accepter…et reculer.
Nous sommes conscients que la direction Capgemini, 1ere ESN en France doit anticiper les changements, sécuriser, calculer.
Mais à quel moment cette gestion des risques se transforme-t-elle en une compromission ? A quel moment « préparer l’avenir revient-il à légitimer l’inacceptable » ?
Chez Capgemini, entreprise qui se veut inclusive, diverse, et ouverte à l’internationale, comment justifier la participation à des cercles qui contribuent à normaliser un projet politique fondé sur la division, l’exclusion et la remise en cause des droits fondamentaux ?

